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Organiser sa succession sans laisser d'ardoise

Par La rédaction — Presse Finance · Publié le · Mis à jour le

Illustration : Organiser sa succession sans laisser d'ardoise

Les droits de succession ne se calculent pas sur l'ensemble de ce que laisse le défunt, mais héritier par héritier, après une somme non taxée qui dépend du lien de parenté. Anticiper réduit souvent la note, à condition de s'y prendre des années à l'avance.

En bref — Les droits de succession se calculent héritier par héritier, pas sur tout ce que laisse le défunt. Chacun retranche d'abord une somme non taxée qui dépend de son lien de parenté, puis paie sur ce qui dépasse. Le conjoint marié, et le partenaire de Pacs désigné par testament, ne paient rien. Les enfants ont droit à 100 000 euros non taxés par parent, puis à un barème de 5 % à 45 %. Frères, sœurs, neveux et personnes sans lien de famille paient beaucoup plus. Donner de son vivant réduit la note, mais ce qui est donné est donné pour de bon.

Qui paie des droits, et qui n'en paie pas ?

Le conjoint marié survivant ne paie aucun droit depuis 2007. Le partenaire de Pacs non plus — à une condition : qu'un testament le désigne comme héritier. Le Pacs seul ne donne aucun droit sur l'héritage.

Les enfants sont taxés au-delà d'une certaine somme. Frères et sœurs ont droit à une somme non taxée bien plus petite, puis paient 35 % et 45 %. Neveux et nièces sont à 55 %, une personne sans lien de famille à 60 %.

Le concubin, même après trente ans de vie commune, est traité comme un inconnu. C'est la situation qui provoque le plus de mauvaises surprises.

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Comment la note est-elle calculée ?

Pensez à un repas où chacun reçoit sa propre addition, et où elles ne se ressemblent pas.

On établit d'abord ce que laisse le défunt : biens, comptes et placements, moins les dettes et les frais d'obsèques. Ce total est réparti selon la loi ou le testament. Chacun retranche ensuite de sa part la somme non taxée liée à son lien de parenté, puis applique son barème.

Un exemple. Un parent laisse 340 000 euros à ses deux enfants, soit 170 000 euros chacun. Chaque enfant retranche 100 000 euros : il reste 70 000 euros à taxer.

Le barème monte par paliers : 5 % jusqu'à 8 072 euros, 10 % jusqu'à 12 109 euros, 15 % jusqu'à 15 932 euros, puis 20 % au-delà. Le total tombe à 12 194,35 euros par enfant.

Étape du calculPar enfant
Part reçue170 000 €
Somme non taxée100 000 €
Reste à taxer70 000 €
Droits à payer12 194,35 €

Soit 24 388,70 euros pour les deux, sur 340 000 euros transmis.

Donner de son vivant réduit-il la facture ?

C'est le principal levier prévu par la loi, parce que la somme non taxée se reconstitue tous les quinze ans. Un parent qui donne à cinquante-cinq ans, puis à soixante-dix, puis transmet à quatre-vingt-cinq l'utilise trois fois au lieu d'une. Un second dispositif, réservé aux dons d'argent et soumis à des conditions d'âge, se cumule avec le premier.

La contrepartie est sèche : ce qui est donné sort du patrimoine pour de bon, sans marche arrière possible. Les formalités sont détaillées dans l'article sur les aides financières aux enfants.

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Peut-on donner un bien et continuer à en profiter ?

Oui. La loi permet de couper la propriété en deux morceaux : d'un côté l'usage, habiter la maison ou encaisser les loyers ; de l'autre le titre de propriété, qui donnera la pleine propriété plus tard. On peut donner ce second morceau à ses enfants en gardant le premier jusqu'à son décès.

Les droits ne portent alors que sur le morceau donné, dont la valeur dépend de l'âge de celui qui donne : plus il donne tôt, plus elle est faible. Au décès, l'usage rejoint le titre sans droits supplémentaires.

L'assurance-vie échappe-t-elle aux droits de succession ?

Elle suit des règles à part, ce qui ne veut pas dire qu'elle échappe à tout impôt.

Les sommes versées avant les soixante-dix ans de l'assuré donnent droit à une somme non taxée par bénéficiaire, puis à un prélèvement de 20 %, porté à 31,25 % au-delà d'un certain montant. Celles versées après soixante-dix ans relèvent d'un autre régime, avec une somme non taxée bien plus modeste et partagée entre tous les bénéficiaires ; les gains restent hors succession. Voir l'assurance vie et la transmission.

À quoi sert un partage organisé de son vivant ?

Une donation-partage répartit les biens entre les héritiers du vivant du donateur, avec leur accord, et fige leur valeur au jour de l'acte. Sans elle, les donations passées sont réévaluées au décès : un enfant qui a reçu un appartement dont la valeur a doublé peut devoir compenser ses frères et sœurs. Source de conflits majeure.

Le testament reste utile même avec des enfants. La loi leur réserve une part du patrimoine ; le reste se transmet librement, à une personne précise ou à une association, et il protège un partenaire de Pacs. Pensez aussi aux comptes en ligne : sans les accès, les héritiers peuvent ignorer jusqu'à leur existence, comme le montre le patrimoine numérique.

Comment et quand les héritiers paient-ils ?

La déclaration doit être déposée dans les six mois qui suivent un décès survenu en France, et les droits sont dus au même moment. Ensuite courent des intérêts de retard, puis une majoration.

Deux aménagements existent : étaler la somme sur plusieurs versements, avec intérêts, ou reporter le paiement quand un héritier ne reçoit que le titre de propriété sans pouvoir utiliser le bien. Ces facilités se demandent au dépôt, pas après.

Si les héritiers ne s'entendent pas, les biens restent en commun : chaque décision suppose une majorité, vendre exige souvent l'accord de tous, et les charges continuent de tomber.

Quels sont les pièges les plus fréquents ?

Le premier est d'attendre : une somme non taxée non utilisée ne se rattrape pas. Le deuxième est de donner sans mesurer ce qu'il restera pour vivre, notamment en cas de dépendance — le geste est irréversible. Le troisième est de ne laisser que des biens immobiliers : les héritiers doivent payer en argent, sous six mois, alors qu'une vente prend souvent plus longtemps. Les options sont comparées dans nos articles sur la transmission d'héritage et sur l'optimisation de la fiscalité de transmission.

Les montants et les barèmes changent à chaque loi de finances : le détail à jour est publié sur service-public.fr, et un notaire reste nécessaire pour les actes.

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